Episode de Velléda

Texte et rédaction : Samantha C.
Modèle : Samantha C.

Les Martyrs, François-René de Chateaubriand, 1809. Eudore, soldat de l'Empire romain sous Dioclétien, est né dans une famille chrétienne et vient d'Arcadie. Dans les douze premiers livres, il fait le récit des premières années de sa vie jusqu'à son retour en Arcadie. Lors d'un long voyage de Rome jusqu'en Terre sainte, en passant par l'Armorique, il rencontre Velléda, prêtresse gauloise dont l'ambition est d'exciter les guerriers barbares pour qu'ils s'affranchissent de la domination romaine. Informé, Eudore prend Velléda et son père Ségénax en otage dans son château pour éviter le conflit armé. La druidesse ne tarde pas à être animée d'une violente passion à l'égard d'Eudore. Cette passion met sa vie en péril : soit l'amour consommé induit le châtiment mortel réservé aux prêtresses ayant rompu leurs vœux sacrés, soit l'amour inassouvi la tuera de chagrin. La druidesse se donne finalement la mort, après qu'une guerre s'est déclenchée, et qu'Eudore a cédé à son amour. Eudore continuera alors son cheminement spirituel qui l'amènera au triomphe de la religion chrétienne, destinée que Dieu lui a réservée. Les Martyrs constitue une véritable épopée au service de la foi chrétienne. Il s'agit pour Chateaubriand de démontrer que le christianisme se prête mieux que le paganisme à l'emploi du merveilleux, au développement des caractères et au jeu des passions dans l'épopée. Merci Samantha pour cette magnifique collaboration
Le chant du lac - « Vers le soir, je me revêtis de mes armes, que je recouvris d'une saye, et sortant
secrètement du château, j'allai me placer sur le rivage du lac, dans l'endroit que les soldats
m'avaient indiqué.
Caché parmi les rochers, j'attendis quelque temps sans voir rien paraître. Tout à coup mon
oreille est frappée des sons que le vent m'apporte du milieu du lac. J'écoute, et je distingue
les accents d'une voix humaine. »
Le chant du lac -

« Vers le soir, je me revêtis de mes armes, que je recouvris d'une saye, et sortant
secrètement du château, j'allai me placer sur le rivage du lac, dans l'endroit que les soldats
m'avaient indiqué.
Caché parmi les rochers, j'attendis quelque temps sans voir rien paraître. Tout à coup mon
oreille est frappée des sons que le vent m'apporte du milieu du lac. J'écoute, et je distingue
les accents d'une voix humaine. »

Velléda sur son esquif « En même temps, je découvre un esquif suspendu au sommet d'une vague ; il redescend,
disparaît entre deux flots, puis se montre encore sur la cime d'une lame élevée ; il approche
du rivage : une femme le conduisait : elle chantait en luttant contre la tempête et semblait se
jouer dans les vents : on eût dit qu'ils étaient sous sa puissance, tant elle paraissait les
braver. »
Velléda sur son esquif

« En même temps, je découvre un esquif suspendu au sommet d'une vague ; il redescend,
disparaît entre deux flots, puis se montre encore sur la cime d'une lame élevée ; il approche
du rivage : une femme le conduisait : elle chantait en luttant contre la tempête et semblait se
jouer dans les vents : on eût dit qu'ils étaient sous sa puissance, tant elle paraissait les
braver. »

 Les apparitions de Velléda « Je vous ai dit, seigneurs, que Velléda habitait le château avec son père. (…) Je la rencontrais
se promenant seule avec un air de joie dans les cours du château, dans les salles, dans les
galeries, les passages secrets, les escaliers tournants qui conduisaient au haut de la
forteresse ; elle se multipliait sous mes pas, et, quand je la croyais auprès de son père, elle se
montrait tout à coup comme une apparition. »
Les apparitions de Velléda

« Je vous ai dit, seigneurs, que Velléda habitait le château avec son père. (…) Je la rencontrais
se promenant seule avec un air de joie dans les cours du château, dans les salles, dans les
galeries, les passages secrets, les escaliers tournants qui conduisaient au haut de la
forteresse ; elle se multipliait sous mes pas, et, quand je la croyais auprès de son père, elle se
montrait tout à coup comme une apparition. »

Les effets de l'enchantement d « Une nuit, je veillais seul dans une salle d'armes, où l'on ne découvrait le ciel que par d'étroites
et longues ouvertures. (…) Tout à coup, à l'une des extrémités de la galerie, un pâle crépuscule
blanchit les ombres. La clarté augmente par degrés, et bientôt je vois paraître Velléda. (…) Elle
portait pour tout vêtement une tunique blanche : fille de roi a moins de beauté, de noblesse et
de grandeur.
« Sais-tu, me dit alors la jeune Barbare, que je suis une fée ? » »
Les effets de l'enchantement d

« Une nuit, je veillais seul dans une salle d'armes, où l'on ne découvrait le ciel que par d'étroites
et longues ouvertures. (…) Tout à coup, à l'une des extrémités de la galerie, un pâle crépuscule
blanchit les ombres. La clarté augmente par degrés, et bientôt je vois paraître Velléda. (…) Elle
portait pour tout vêtement une tunique blanche : fille de roi a moins de beauté, de noblesse et
de grandeur.
« Sais-tu, me dit alors la jeune Barbare, que je suis une fée ? » »

 L'attente amoureuse « J'eus pitié de cette insensée. (...)
Jamais, seigneurs, je n'ai éprouvé une douleur pareille. Rien n'est affreux comme le malheur
de troubler l'innocence. (...)
En vain je me dérobais à la vue de Velléda : je la retrouvais partout ; elle m'attendait des
journées entières dans des lieux où je ne pouvais éviter de passer, et là elle m'entretenait de
son amour. »
L'attente amoureuse

« J'eus pitié de cette insensée. (...)
Jamais, seigneurs, je n'ai éprouvé une douleur pareille. Rien n'est affreux comme le malheur
de troubler l'innocence. (...)
En vain je me dérobais à la vue de Velléda : je la retrouvais partout ; elle m'attendait des
journées entières dans des lieux où je ne pouvais éviter de passer, et là elle m'entretenait de
son amour. »

 Les assiduités de Velléda « J'allais souvent visiter le sanctuaire plein du souvenir de l'antique race des Celtes. Un soir
je rêvais dans ce lieu. L'aquilon mugissait au loin, et arrachait du tronc des arbres, des
touffes de lierre et de mousse. Velléda parut tout à coup.
« Tu me fuis, me dit-elle, tu cherches les endroits les plus déserts pour te dérober à ma
présence ; mais c'est en vain : l'orage t'apporte Velléda, comme cette mousse flétrie qui
tombe à tes pieds. » »
Les assiduités de Velléda

« J'allais souvent visiter le sanctuaire plein du souvenir de l'antique race des Celtes. Un soir
je rêvais dans ce lieu. L'aquilon mugissait au loin, et arrachait du tronc des arbres, des
touffes de lierre et de mousse. Velléda parut tout à coup.
« Tu me fuis, me dit-elle, tu cherches les endroits les plus déserts pour te dérober à ma
présence ; mais c'est en vain : l'orage t'apporte Velléda, comme cette mousse flétrie qui
tombe à tes pieds. » »

Le désespoir de Velléda « Velléda voulut me parler avant son départ ; je refusai de la voir, afin de nous épargner à
tous deux une scène douloureuse. (…) Dès le lendemain elle parut aux portes du
château ; on lui dit que j'étais parti pour un voyage ; elle baissa la tête et rentra dans le
bois en silence. Elle se présenta ainsi pendant plusieurs jours et reçut même réponse. La
dernière fois elle resta longtemps appuyée contre un arbre, à regarder les murs de la
forteresse. Je la voyais par une fenêtre, et je ne pouvais retenir mes pleurs : elle s'éloigna
à pas lents et ne revint plus. »
Le désespoir de Velléda

« Velléda voulut me parler avant son départ ; je refusai de la voir, afin de nous épargner à
tous deux une scène douloureuse. (…) Dès le lendemain elle parut aux portes du
château ; on lui dit que j'étais parti pour un voyage ; elle baissa la tête et rentra dans le
bois en silence. Elle se présenta ainsi pendant plusieurs jours et reçut même réponse. La
dernière fois elle resta longtemps appuyée contre un arbre, à regarder les murs de la
forteresse. Je la voyais par une fenêtre, et je ne pouvais retenir mes pleurs : elle s'éloigna
à pas lents et ne revint plus. »

La victoire de Velléda « Epuisé par les combats que j'avais soutenus contre moi-même, je ne pus résister au
dernier témoignage de l'amour de Velléda. Tant de beauté, tant de passion, tant de désespoir
m'ôtèrent à mon tour la raison : je fus vaincu. (...)
Saisissant Velléda dans mes bras, je m'écriais avec une sorte de rage : « Tu seras aimée ! »
L'Enfer donna le signal de cet hymen funeste ; les Esprits de ténèbres hurlèrent dans
l'abîme ; les chastes épouses des Patriarches détournèrent la tête, et mon Ange protecteur
se voilant de ses ailes remonta vers les cieux ! »
La victoire de Velléda

« Epuisé par les combats que j'avais soutenus contre moi-même, je ne pus résister au
dernier témoignage de l'amour de Velléda. Tant de beauté, tant de passion, tant de désespoir
m'ôtèrent à mon tour la raison : je fus vaincu. (...)
Saisissant Velléda dans mes bras, je m'écriais avec une sorte de rage : « Tu seras aimée ! »
L'Enfer donna le signal de cet hymen funeste ; les Esprits de ténèbres hurlèrent dans
l'abîme ; les chastes épouses des Patriarches détournèrent la tête, et mon Ange protecteur
se voilant de ses ailes remonta vers les cieux ! »

La Mort de Velléda « Transportée de douleur, Velléda s'écrie : « Gaulois, suspendez vos coups. (…) Le Romain
est innocent. La vierge de Sayne n'a point été outragée : elle s'est livrée elle-même, elle a
violé volontairement ses vœux. Puisse ma mort rendre la paix à ma patrie ? »
(…) Comme une moisson qui a fini son ouvrage, et qui s'endort fatiguée au bout du sillon,
Velléda s'affaisse sur le char. (…) Elle veut prononcer encore le nom de celui qu'elle aime,
mais sa bouche ne fait entendre qu'un murmure confus : déjà je n'étais plus que dans les
songes de la fille des Gaules, et un invincible sommeil avait fermé ses yeux. »
La Mort de Velléda

« Transportée de douleur, Velléda s'écrie : « Gaulois, suspendez vos coups. (…) Le Romain
est innocent. La vierge de Sayne n'a point été outragée : elle s'est livrée elle-même, elle a
violé volontairement ses vœux. Puisse ma mort rendre la paix à ma patrie ? »
(…) Comme une moisson qui a fini son ouvrage, et qui s'endort fatiguée au bout du sillon,
Velléda s'affaisse sur le char. (…) Elle veut prononcer encore le nom de celui qu'elle aime,
mais sa bouche ne fait entendre qu'un murmure confus : déjà je n'étais plus que dans les
songes de la fille des Gaules, et un invincible sommeil avait fermé ses yeux. »